Enfance épanouie, cadeau

En commençant l’écriture de cet article je n’ai toujours pas encore trouvé le titre à le donner. Ce projet de rédaction est né en fin de journée du Lundi 11 Novembre 2024. Au matin de ce lundi, j’étais passé sur Instagram où j’ai fait un tour sur la story de mon frère, second né de la famille ADZRA.

Mon jeune frère avait partagé un tweet qui allait résonner tellement fort au-dedans de moi. Je vous laisse apprécier.

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A la lecture de cette phrase, mes pensées ont fait le tour de bons nombres d’événements de ma vie, en s’arrêtant de temps à autre sur quelques personnes. Après cet épisode de ma pensée, je suis retourné à mes occupations. C’est donc en fin de journée que j’ai senti le besoin de m’étendre sur le sujet en écrit.

En tant que parents, il nous arrive des fois de croire que les meilleurs cadeaux pour nos enfants se trouvent sur des étagères de magasins (quoi qu’important😂😂😂), sous forme de jouets dernier cri, d’appareils technologiques, ou encore de vacances luxueuses. Mais en réalité, le meilleur cadeau que l’on puisse offrir à son enfant n’est pas matériel. Ce cadeau, c’est une enfance sereine, une période de vie où il peut s’épanouir sans accumuler des blessures qu’il devra passer des années à guérir à l’âge adulte.

Même si cette compréhension, nous semble simple et évidente, nous avons encore des difficultés à l’appliquer dans nos sociétés contemporaines.

Alors, pourquoi est-il si difficile de protéger l’enfance de nos enfants ? Et comment, dans notre quête pour leur offrir le meilleur, en venons-nous souvent à leur léguer un héritage émotionnel qui devient un fardeau ? Permettez-moi de vous proposer ma réflexion sur trois (03) axes.


1-Un Modèle de réussite standard, source de pressions sociales.

Nous vivons dans une société où la réussite est glorifiée dès le plus jeune âge. Depuis la maternelle, des objectifs académiques sont fixés, des évaluations sont faites, et le besoin de performance est instillé. Ainsi, pour beaucoup de parents, de peur que leurs enfants « rate » leur vie ou ne « réussisse » pas comme cela se devrait, finissent par exercer de la pression dès l’enfance tout en oubliant que cet environnement est souvent contre-productif. Au lieu de motiver l’enfant, cet environnement crée une peur de l’échec, une anxiété face aux attentes constantes des parents. Combien d’adultes, je n’ai pas rencontré personnellement, qui dans leur vie d’adulte, sont victimes du syndrome de l’imposteur ou d’un besoin de perfectionnement constant à cause de cette de pression et de la comparaison permanente qui va avec ? Si nous voulons que nos enfants se construisent sans ce poids, il est important de les considérer comme des individus uniques, de revoir nos attentes et de ne pas leur imposer une course à la performance qui mine leur estime de soi avant même qu’ils aient conscience de qui ils sont vraiment.

Imaginez juste, un enfant qui revient de l’école avec une évaluation approximative (note ou appréciation) qui pourrait simplement être dû à un besoin d’un peu plus de temps pour comprendre, s’adapter… Mais pour beaucoup de parents, la réaction immédiate sera de le pousser à avoir de meilleurs résultats. Que ce soit à coups de comparaison par rapport aux autres ou en l’inscrivant directement à des cours supplémentaires. Surtout sans oublier de lui répéter combien il est important pour eux, que lui soi « meilleur« . Ce que l’enfant retient, ce n’est pas l’importance de l’apprentissage, mais plutôt l’idée que ses résultats conditionnent sa valeur aux yeux de ses parents.

2-Un système d’éducation difonctionnel et autoritaire

L’enfance, pour beaucoup d’adultes d’aujourd’hui, est associée à des souvenirs de discipline stricte et d’autorité sans compromis. Bien que les intentions parentales étaient les plus nobles, il est prouvé qu’un modèle éducatif basé sur les injures, les dévalorisations, la peur de l’échec et les punitions laisse des marques durables. Plutôt que de leur enseigner le respect et transmettre des valeurs, ces méthodes inculquent aux enfants une peur, une difficulté à affirmer leurs propres opinions, et parfois même un traumatisme émotionnel qui les suit jusqu’à l’âge adulte.

Certes, il n’est pas question ici de laisser les enfants sans éducation ou autorité parentale car il y a bel et bien cette responsabilité qui reviens aux parents d’éduquer leurs enfants.

Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. Proverbes 22:6

La question à se poser est la suivante : les parents connaissent-ils la voie que doit suivre l’enfant ? Ou définissent-ils des voies basées sur les leurs, précédemment suivi ? Supposons que les parents connaissent la voie, devraient-ils les orienter de la même façon ? Si déjà les parents n’admettent pas l’aspect unique de chaque enfant, dans sa façon de faire, de s’exprimer, d’exprimer ses émotions… peuvent-ils accepter que chaque enfant ait une manière unique d’être orienter ? De deux enfants issues de mêmes parents, l’un peut être introverti et l’autre extravertit. Doit-on les orienter sur la même façon ?

Une remarque négative répétée par un parent – « Tu n’écoutes jamais rien » ou « Tu es trop faible » – peut profondément affecter l’estime de soi d’un enfant. En grandissant, il risque de douter de sa valeur et d’avoir une vision faussée de lui-même. Des années plus tard, cet enfant devenu adulte se retrouvera probablement en thérapie pour tenter de déconstruire ces phrases, qui sont gravées en lui comme des vérités.

En tant que parents, nous devons admettre par défauts que les enfants sont susceptibles de faire les choses de travers.

La folie est attachée au cœur de l’enfant ; La verge de la correction l’éloignera de lui. Proverbes 22:15

L’objectif du parent est de le redresser par la correction, pas de le tordre encore plus. Ainsi, au lieu des remarques négatives, des approches positives et compréhensives permettent aux enfants de comprendre les conséquences de leurs actes sans les humilier. Offrir à un enfant une enfance dont il n’aura pas besoin de guérir, c’est aussi prendre le temps de lui parler, de l’écouter et de le traiter avec respect, même quand des limites sont nécessaires.

3-La culture du frein sur l’expression des émotions

Pour qu’un enfant se développe sainement, il est essentiel qu’il se sente libre d’exprimer ses émotions sans craindre d’être jugé. Malheureusement, beaucoup de parents considèrent encore les émotions comme des faiblesses ou des réactions exagérées. Combien d’enfants, en pleurant ou en exprimant de la colère, se sont vu dire « arrête de pleurer » ou « il n’y a pas de quoi être en colère » ? Cette minimisation des émotions crée chez l’enfant un blocage émotionnel qui peut durer toute une vie.

Supposons qu’un enfant qui se blesse en tombant peut avoir besoin de pleurer pour exprimer sa douleur et obtenir du réconfort. Pourtant, de nombreux parents minimisent cette réaction en lui disant « ne pleure pas, ce n’est rien ». En grandissant, cet enfant pourrait intérioriser l’idée que montrer sa vulnérabilité est une faiblesse et avoir du mal à exprimer ses sentiments en tant qu’adulte.

Une enfance saine, c’est aussi une enfance où l’enfant apprend à comprendre, exprimer et gérer ses émotions de manière constructive. Cela nécessite des parents capables de valider ou de désapprouver les sentiments de l’enfant et de l’accompagner sans jugement. En lui offrant cette base, nous lui permettons de devenir un adulte qui sait écouter ses émotions et les gérer sans peur ni honte.


Après tout ce qui précède vous serez d’accord avec moi que le meilleur cadeau que l’on puisse offrir à un enfant, est bien plus qu’une vie matérielle confortable. C’est une enfance où il peut explorer le monde avec confiance, exprimer ses émotions sans crainte, et se développer en dehors de la pression de la perfection. En lui épargnant des blessures émotionnelles inutiles, en l’aidant à bâtir une estime de soi solide, et en lui offrant un espace pour être lui-même, nous lui donnons les clés pour affronter l’âge adulte avec sérénité.

Il est donc temps de reconsidérer nos approches parentales et de cesser de transmettre aux générations futures des bagages émotionnels (qu’elles traîneront toute leur vie). Même si nous en tant que parents avons peut-être hérité de ces blessures intérieures, assurons nous d’offrir une enfance dont personne n’aura pas besoin de guérir en étant adulte. C’est un legs inestimable, qu’un parent peut laisser. Faisons le choix d’une éducation bienveillante et équilibrée.